Les Missionnaires du Sacré-Coeur du Canada
 
 

Le Sanctuaire

Joyau architectural du Vieux-Québec, le Sanctuaire de Notre-Dame du Sacré-Cœur a été pendant plus d'un siècle le haut-lieu d'une des dévotions les plus populaires au Canada français: la dévotion à Notre-Dame du Sacré-Coeur.

Après avoir attiré au fil des ans des milliers de pèlerins, ce Sanctuaire est maintenant fermé au public et aux touristes depuis juin 2016, soit depuis que les Missionnaires du Sacré-Coeur ont vendu leur résidence de la rue Sainte-Ursule à la Société immobilière Cromwell Management, Le Sanctuaire faisait partie de la vente, la communauté n'ayant plus le personnel nécessaire pour y assurer le ministère.

La firme Cromwell s'est engagée à conserver dans son intégralité ce joyau du patrimoine religieux, comme le souhaitaient le ministère de la Culture et la Ville de Québec. Il faut cependant souhaiter que les nouveaux propriétaires lui trouvent, dans un avenir rapproché, une nouvelle vocation, afin que le public puisse à nouveau profiter de ce lieu d'une grande beauté.

Même si pour le moment le Sanctuaire n'est plus accessible, nous présentons brièvement ici son histoire et quelques-unes de ses caractéristiques. 

 

 

La construction et l'architecture

Situé sur la rue Sainte-Ursule, le Sanctuaire de Notre-Dame du Sacré-Cœur a été construit en 1909-1910 par les Missionnaires du Sacré-Coeur, qui venaient de s'établir à Québec, puis béni le 31 mai 1910 par Mgr Louis-Nazaire Bégin, alors archevêque de Québec. Le Sanctuaire est né de la ferveur des fidèles, à une époque où les dévotions aboutissaient naturellement à l'édification d'une église ou d'une chapelle qui en devenait l'expression et le centre de rayonnement.

Réplique de la chapelle de Notre-Dame du Sacré-Coeur d’Issoudun, en France, le Sanctuaire a été édifié sous la direction de l’architecte François-Xavier Berlinguet de Québec et d’Alphonse Laberge de Beauport.

C’est un édifice de style néo-gothique, ce qui est assez rare pour les églises et chapelles du Canada français, qui sont plutôt de style roman, baroque ou moderne.

La statue de Notre-Dame

En franchissant le seuil du Sanctuaire, le regard se porte presque spontanément sur la statue de Notre-Dame du Sacré-Cœur. La statue qui orne maintenant la chapelle n'est toutefois pas celle qui s'y trouvait au moment de la fermeture. Cette dernière, qui a une très grande valeur pour la communauté en raison de son histoire, a en effet été déménagée en mai 2017 en l'église du Très-Saint-Sacrement, qui se trouve tout juste devant la nouvelle résidence des Missionnaires du Sacré-Coeur, sur le chemin Sainte-Foy à Québec.

Mais qu'a donc de si particulier cette statue ? Fabriquée aux ateliers Daniel de Paris et sculptée dans des blocs de chêne à la demande même du Père Chevalier, elle a d'abord été bénie par le Père Fondateur lui-même le 1er septembre 1895.

Installée ensuite à Paris dans la chapelle de l’ancienne résidence des Religieuses de Marie-Réparatrice, que les MSC avaient achetée en 1887, elle a presque miraculeusement échappé à la persécution des années 1900-1901. En septembre 1901, en effet, les autorités civiles avaient posé des scellés sur cette chapelle. Le dernier sacristain, le Frère Raphaël, a toujours soutenu que, pendant la nuit, des personnes étaient allées chercher la statue pour la cacher d’abord et la redonner ensuite à la communauté.

C’est cette statue que le Père Eugène Meyer, supérieur général du temps, a fait parvenir à Québec aux environs de 1911 pour orner la nouvelle chapelle.

En mai 2017, elle a été remplacée au Sanctuaire par une statue un peu plus petite qui se trouvait dans la résidence de la rue Sainte-Ursule.

Le bas-relief du maître-autel

Même s’il n’est pas en évidence, le bas-relief du maître-autel mérite d’être observé de près. Il est la réplique d’une sculpture célèbre : la Vierge consolatrice. On y voit Marie sur son trône tenant l’Enfant-Jésus. Se presse autour d’elle le cortège des misères humaines. La Vierge souriante étend les bras pour mettre sous sa protection tous ceux et celles qui sont aux prises avec toutes sortes de difficultés. À droite et à gauche, entre des colonnes sculptées, se tiennent le roi David et le prophète Isaïe.

Les vitraux

Sur le plan artistique, les vitraux sont tout à fait remarquables et attirent l’attention par la pureté de leurs lignes et la richesse de leur coloris. De facture fort classique pour l’époque, ils sont l’œuvre de Henri Perdriaux et ont été réalisés par la Compagnie d’Arts et d’Industries de Montréal. Ils font de la chapelle un lieu qui invite d’emblée au recueillement. Et ils donnent au sanctuaire une qualité de lumière qui favorise la paix de l’âme et la joie du cœur, au fil des événements de la vie.

On en compte 11, qui ont respectivement pour sujets :

  1. L’Assomption de la Vierge Marie
  2. La mort de saint Joseph
  3. La communion donnée à Marie par l’apôtre Jean
  4. Les apparitions du Sacré-Cœur à sainte Marguerite-Marie
  5. Les apparitions de Marie à Lourdes
  6. L’instruction de Marie aux Saintes Écritures (par sainte Anne)
  7. L’Annonciation à la Vierge Marie
  8. La Visitation de Marie à Élisabeth
  9. La Nativité de Jésus
  10. La Présentation de Jésus au temple
  11. Le couronnement de Marie

Les ex-voto

Une des caractéristiques du Sanctuaire est sans contredit les plaques de marbre qui tapissent les murs de la chapelle. Ces 930 ex-voto, qui recouvrent entièrement les murs de la nef, sont en quelque sorte une longue litanie d’action de grâces. Un chant de reconnaissance envers Notre-Dame du Sacré-Cœur, exprimé par autant de personnes qui l’ont priée, qui ont demandé des faveurs et qui ont été exaucées.

De 1913 jusqu’à la fin de 1919, 183 inscriptions avaient aussi été exécutées à la main sur les murs du chœur et sur ceux des deux chapelles latérales. C’étaient des inscriptions dorées à l’intérieur d’un médaillon également dessiné. Ces inscriptions ont été enlevées au moment de la restauration de la chapelle à la fin des années 50, car il aurait été trop coûteux de les repeindre à la main. Les noms des personnes qui avaient ainsi témoigné de leur foi, de leur confiance et de leur gratitude sont cependant gardés dans les archives de la communauté.

La reconnaissance à Notre-Dame du Sacré-Cœur ne s’exprime peut-être plus aujourd’hui dans le marbre, mais nombreux sont encore les témoignages de l’action incessante de Dieu par l’intercession de Marie.

La chapelle de la réconciliation (ou chapelle des lampes)

Aussi appelée chapelle des lampes, car des lampes y brûlaient en permanence devant la statue de la Vierge, la chapelle de la réconciliation, qui était attenante au Sanctuaire et qui abritait les confessionnaux, n'existe plus. Elle a été démolie en même temps que la résidence par les nouveaux propriétaires.

Il est toutefois important de rappeler que, depuis sa fondation en 1910 jusqu'à sa fermeture en 2016, les gens ont toujours trouvé au Sanctuaire un ministère du pardon accueillant et compréhensif qui a fait pour une large part sa renommée. Tous les jours, un prêtre était de garde pour accueillir les personnes, au bureau ou encore au confessionnal. Un bouton d’appel permettait même d’appeler en tout temps un confesseur, coutume qui a valu aux M.S.C. le nom de « Pères à la sonnette ».