Les Missionnaires du Sacré-Coeur du Canada
 
 

Biographie du Père Chevalier

Qui était donc cet homme qui a consacré sa vie à dire aux hommes et aux femmes de son temps que Dieu est Amour ?

Un homme aux origines modestes

Jules Chevalier voit le jour le 15 mars 1824 en Touraine, à Richelieu, petite ville située à quelque 100 kilomètres d’Issoudun. Il est le troisième enfant d’une famille pauvre. Son père, un petit commerçant, n’est pas pratiquant, mais c’est un homme foncièrement bon. Sa mère, plus pieuse, donne à ses enfants une éducation religieuse solide. Et très tôt, Jules se montre attiré par l’église.

À 12 ans, il annonce à sa famille qu’il veut entrer au séminaire. Mais ses parents n’ont pas les moyens de payer ses études. Il devient alors apprenti cordonnier, tout en restant convaincu qu’un jour, il sera prêtre. En 1841, alors qu’un certain M. Juste, voyageur de passage, engage son père pour s’occuper des forêts qu’il administre près de Vatan, dans le Berry, son rêve se réalise d’une façon inattendue : M. Juste fait aussi entrer Jules au petit séminaire de Saint-Gaultier. Éloigné des siens, ce dernier se sent cependant perdu et trouve ces années difficiles. Persévérant tout de même, il franchit en octobre 1846 la porte du Grand Séminaire de Bourges. Il y découvre que Dieu l’aime d’un amour infini, et que sa mission à lui consistera essentiellement à faire connaître cet amour compatissant et miséricordieux.

Un missionnaire dans l’âme

Le 14 juin 1851, à l’âge de 27 ans, Jules est enfin ordonné prêtre. Il porte déjà en lui le désir de fonder une communauté missionnaire. Trois ans plus tard, il est nommé vicaire à Issoudun, une ville marquée par la Révolution et profondément déchristianisée. Cette nomination est pour lui un signe du ciel. D’autant plus qu’il y retrouve un ami et condisciple de Bourges, Sébastien Maugenest, en qui il avait toujours vu le compagnon idéal pour fonder une congrégation. L’abbé Maugenest, lui aussi vicaire à Issoudun, accueille l’idée avec beaucoup d’enthousiasme. Et c’est le début d’une formidable aventure qui se poursuit toujours.

Le début de la Société est cependant hérissé de difficultés. Certains membres du Conseil épiscopal s’opposent carrément au projet. Mais une succession d’événements que l’évêque, lui, voit comme « miraculeux », montre bien que le projet est réalisable. Le 8 décembre 1854, au terme d’une neuvaine qu’avaient fait les deux vicaires pour demander à la Vierge sa lumière et son aide, la communauté des MSC voit officiellement le jour.

La mission de Jules Chevalier trouve son expression dans cette devise : Aimé soit partout le Sacré-Cœur de Jésus, devise que l’on traduit plutôt aujourd’hui dans ces mots : Être sur terre le Cœur de Dieu.

Le 21 octobre 1907, entouré de ses confrères et amis, le Père Jules Chevalier, fondateur des Missionnaires du Sacré-Cœur, s’éteint dans la paix de Dieu. Il avait 83 ans et était curé d’Issoudun depuis 35 ans. Les Annales du lieu rapportent que « les fidèles de sa paroisse le pleurent comme un père et le prient déjà comme un saint ». 


À la mort du Père Chevalier, la Société MSC compte quelque 800 membres, soit  4 évêques, 325 prêtres, 272 frères et 201 étudiants. Un peu plus de cent ans plus tard, elle en compte pas loin de 2000 et est présente sur les cinq continents et dans 55 pays. L’héritage spirituel laissé par le Père Chevalier garde aujourd’hui toute son actualité. Ce dernier n’a-t-il pas compris, mieux que quiconque, que le besoin d’amour reste le désir le plus profond de toute personne  humaine?